Une volonté résolue
Un choix politique clair
Une ambition pour la France

La France souffre. La France s'inquiète de son avenir. La France a besoin d'air pur. D'une politique donnant la priorité aux êtres humains plutôt qu'à la rentabilité financière et à l'enrichissement de ceux qui ont déjà tout. D'une politique de justice sociale s'attachant à réduire les inégalités, notamment pour en finir avec la pauvreté, l'exclusion, le mépris des plus défavorisés. D'une politique de promotion de la personne humaine, notamment des jeunes qui doivent retrouver l'espoir et l'ambition d'une vie libre, heureuse, utile et enrichissante ; des femmes qui doivent conquérir en tous domaines l'égalité dans le travail, dans la société, dans les responsabilités politiques. D'une vie sociale plus civilisée : avec du temps et des moyens pour vivre, se parler, s'informer, se former, se cultiver ; du temps et des moyens pour que toutes et tous puissent être pleinement citoyens, intervenir et décider de ce qui les concerne, maîtriser leur destin.

La France a besoin d'être elle même, dans l'entière souveraineté de son peuple. On ne pourra la plier au modèle ultralibéral d'austérité, de précarité, de domination de la finance, sur lequel on veut coûte que coûte l'aligner en vue du passage à la monnaie unique. C'est au contraire dans un nouveau développement "à la française", fait de conquêtes sociales, de démocratisation de la vie économique et politique, de rénovation et de modernisation de ses acquis sociaux et de ses services publics que notre pays pourra contribuer efficacement à une construction européenne résolument réorientée vers une Europe sociale, démocratique et de paix.

Les Françaises et les Français vont voter le 25 mai et le 1er juin pour élire leurs députés à l'Assemblée nationale. Ils ont la possibilité de dire clairement à la droite au pouvoir leur refus de la poursuite et de l'aggravation de la politique d'austérité, d'injustices, de régression pour notre société et notre pays, à l'évidence programmée dans un nouveau "tour de vis" pour "passer" à marche forcée dans les critères de Maastricht. Ils ont la possibilité d'exprimer leur exigence d'une politique radicalement différente, répondant à leurs aspirations, à leurs espérances.

Il faut battre la droite - c'est possible - et faire une autre politique. Le Parti communiste fait et fera tout ce qui est en son pouvoir pour que les forces de gauche, de progrès, écologistes, soient à même de proposer aux Français cette perspective d'un changement réel, positif pour notre peuple et pour la France.

Pour sa part, il soumet à la réflexion, au débat, et au vote de nos concitoyens une série de propositions qui précisent ce que pourraient être, selon lui, les grands axes d'une politique radicalement nouvelle que pourraient dès après ces élections décider et impulser une majorité, un gouvernement de gauche. Il a la volonté résolue de contribuer, par son action dans le pays, avec le mouvement social et à l'écoute des exigences citoyennes, et par l'activité de ses élus à tous les niveaux, jusqu'au gouvernement, à la construire et à la mettre en oeuvre.

Le choix fondateur de cette politique préconisée par le Parti communiste est le choix du progrès social et humain, de l'emploi, comme "moteur" pour sortir le pays de la crise, et engager un nouveau développement pour la France de l'an 2000.

Vingt ans d'expérience ont montré que "les sacrifices pour que cela aille mieux demain", c'est la voie du désastre social, du recul de civilisation, de la crise sans cesse aggravée. Contrairement à ce que prétend la droite au pouvoir, réduire les dépenses sociales, peser contre les salaires, multiplier les licenciements et développer la précarité conduit à aggraver les déficits et non à les réduire. Il s'agit, à l'inverse, de faire, dans la tradition du développement "à la française", le choix résolu du progrès social, de la mobilisation des forces du pays pour aller de l'avant.

Ce choix implique l'abrogation de toutes les dispositions qui développent la précarité et pèsent sur les salaires, mettent en cause les acquis sociaux et les droits des salariés, des citoyens, les services publics, favorisent la finance au détriment de l'emploi, de l'indépendance et du développement de la France.

Il implique, à partir d'une volonté clairement affirmée de rechercher la satisfaction des besoins du peuple et du pays et de s'appuyer sur les exigences sociales et de démocratie citoyenne exprimées dans le mouvement social :

- une politique dynamique de relance de l'économie et de l'emploi. Par l'augmentation sensible du pouvoir d'achat des Français conduisant à une consommation accrue appelant une relance de la production et des services nécessitant des centaines de milliers d'emplois ;

- une réduction significative immédiate du temps de travail sans diminution des salaires, elle aussi créatrice de centaines de milliers d'emplois ;

- l'engagement, avec la mobilisation de tous les acteurs économiques, sociaux et financiers : Etat, assemblées élues, entreprises, salariés, banques et institutions financières, etc..., d'une dynamique de création d'emplois dans la production, la recherche et les services pour répondre à une demande accrue et aux besoins de la population et du pays.

Il faut pour cela des moyens.

Moyens financiers : des mesures doivent être prises pour que l'argent soit orienté prioritairement non plus vers l'affairisme et la spéculation mais vers l'emploi, la formation, le progrès social, culturel et humain, l'amélioration de la vie en société.

Le Parti communiste propose en ce sens :

- une fiscalité plus juste : il faut cesser d'écraser les français sous l'impôt tandis que ceux qui ont déjà trop sont favorisés ;

- une fiscalité incitative avec, pour les impôts, taxes et prélèvements sociaux, des critères favorisant les créations d'emplois, les salaires, les investissements productifs ;

- un nouveau dispositif pour baisser les charges financières qui pèsent contre l'emploi, notamment pour les PME-PMI ce qui implique une réforme du système du crédit ;

- une politique incitative pour développer les coopérations entre les entreprises - avec notamment partage des coûts de recherche et formation - pour développer les productions et les services. Cette politique implique un rôle dynamisant des "pôles publics", entreprises nationales et services publics, et des coopérations nouvelles public - privé ;

- une politique de coopérations internationales nouvelles, mutuellement avantageuses en terme de création d'emplois et de richesses dans chaque pays.

Moyens politiques : c'est en s'appuyant sur le mouvement social, sur l'affirmation des exigences citoyennes, sur la souveraineté de notre peuple pour décider de son destin, que cette politique pourra réussir.

Le Parti communiste propose :

- pour la transparence et l'intervention citoyenne : une nouvelle législation établissant des droits des salariés, des citoyens et des assemblées élues pour empêcher les licenciements et pour une autre orientation de l'argent par les investissements des entreprises et les décisions des banques et des institutions financières ;

- une réforme de la vie politique établissant la transparence des décisions et instaurant des possibilités réelles d'intervention des citoyens à tous les niveaux des institutions ;

- une rediscussion des engagements européens de la France, pour avancer dans une autre construction européenne : sociale et démocratique.

A partir de ces orientations fondamentales, le Parti communiste propose cinq axes d'initiative comprenant au total quinze mesures législatives et gouvernementales qu'il conviendrait selon lui de prendre dès la mise en place d'une nouvelle majorité avec les forces de gauche, écologistes, de progrès.